
Les crieurs publics
Ils détonnent. Un anachronisme à eux seuls. Parce qu’ensemble ils défient les lois du temps pour réinventer les crieurs publics.
Jour de marché bien installé. En triporteur, les crieurs déambulent dans les rues, alpaguent le chaland à haute voix, annoncent l’heure et le lieu de la prochaine criée.
Il est temps de rejoindre la place centrale. « Le chef » s’avance, un pas, puis l’autre, le voilà sur l’estrade. La criée peut débuter.

Un garde champêtre jouant du tambour comme il peut, avec ce qu’il trouve. Histoire de taper, de faire du bruit, rien de plus. Histoire d’être le plus bruyant à défaut d’être le plus voyant. En fait, il aimerait, plus tard, devenir chef crieur…
Du genre Milord, mais seulement le genre. Un haut de forme vissé sur la tête, nœud papillon et veste queue de pie, « le chef », comme l’appelle son partenaire, est imposant. Il aurait tord de ne pas en jouer. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est à l’orchestration des messages.
